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Illusions Mensongères

 
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Rociana
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 10:22 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

J'ai créé ce texte de toutes pièces et je ne souhaite pas qu'il soit divulgué sans mon autorisation, merci de votre compréhension.
  
Ce texte a été écrit il y a un certain bout de temps, je dois entièrement le remanier avant de pouvoir le poster dans son intégralité.
 Ici, je mettrais les nouvelles en attendant la suite^^
Les spoilers donnent un résumé rapide des chapitres, si vous ne voulez pas voir votre plaisir gâché, ne les lisez pas !
Début de la partie 1 posté ! (Prologue + Chapitre 1)

 

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Dernière édition par Rociana le Dim 6 Juin - 15:01 (2010); édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 10:22 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Rociana
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:04 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Titre à venir

Partie 1
     

Prologue : Cliquer ici

Kesla Johnson quitte la salle du bal de son Lycée furieuse, tellement furieuse qu'elle va accepter qu'un inconnu la ramène. Ce magnifique jeune homme semble connaître beaucoup trop de choses de sa vie. Mais, il est trop tard pour reculer. N'aurait-elle pas dû écouter son ami Keith ?


Chapitre 1 : Dans les ennuis jusqu'au cou
                  Cliquer ici

Le lendemain, Kesla se réveille pour découvrir que son père part de nouveau en voyage d'affaires. Seule et triste, elle se rend au Lycée où la nouvelle de sa virée avec l'étrange jeune homme a fait sensation, sa côte de popularité est montée en flèche, mais pas celle de son amie qui la jalouse.
Kesla se réveille à l'hôpital dont elle s'enfuit durant la nuit. Quelque chose se lance à sa poursuite, elle parvient de justesse à s'en tirer, mais n'est vraiment pas sûre de survivre.

     
     
     

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Dernière édition par Rociana le Dim 6 Juin - 14:48 (2010); édité 4 fois
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Rociana
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:06 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Prologue
  
  


J’étais furieuse, doux euphémisme qui m’aurait fait sourire si je n’avais pas été autant en colère. Je quittais la salle du bal en arborant une mine peu aimable, les appels de mon persécuteur s’éteignirent peu à peu. Une fois sur la parking, le froid me gifla et caressa mes épaules nues, je regrettais alors mon éclat, aussi stupide et vain qu’essayer d’arrêter le temps, il ne changerait pas Keith. Perdue au milieu de voitures, en tenue de bal, je n’offrais certainement pas la vue d’une femme forte comme je l’aurais souhaité. Ma robe rouge moulait mon corps et son décolleté vertigineux suffisait à me faire rougir, je ne m’étonnais donc pas de voir un homme s’approcher.


*Vous avez besoin d’aide ?*


Sa voix douce et riche résonna avec chaleur dans la nuit noire. Il était beau, incroyablement beau, ses cheveux de jais coupés courts rehaussaient la pâleur de son teint blafard, son visage aux traits fins et lisses donnait l’impression d’une statue de marbre sculptée par la main d’un maître, son corps d’athlète endurci était mis en valeur par un blouson en cuir marron foncé, un jean noir, des chaussures en cuir noir. Mais le plus déroutant était ses yeux, d’un noir sans fond, aussi insidieux qu’une pluie diluvienne glacée, deux abysses, deux lacs dans lesquels on ne pouvait pas nager seulement se noyer. Inquisiteur, il me fixait avec un brin d’arrogance, ses lèvres s’étirèrent en une moue moqueuse, comme s’il riait d’une plaisanterie sordide connue de lui seul.


L’empressement d’un inconnu à me venir en aide me rendit méfiante et sa soudaine sollicitude pour une jeune femme seule en tenue de soirée ne m’inspirait pas confiance. Le regard glacé que je lui retournai, et qui, habituellement, faisait reculer même les dealers les plus endurcis, ne lui tira qu’un haussement de sourcil vaguement méprisant. Une colère sourde que je ne tentais pas d’étouffer monta en moi, pour qui se prenait cet espèce d’abruti ? Il allait voir de quel bois je me chauffais. Je levai le menton avec agressivité, ma posture se fit menaçante, il sourit.


*Désirez-vous que je vous raccompagne, ou préférez-vous rentrer seule ?* susurra-t-il.


*Commencez par me foutre la paix.* grinçais-je de très mauvaise humeur.


Faisant fit de mes menaces, il s’approcha de moi et prit un regard destiné à m’adoucir. Comme si ça marchait avec moi ! Je le fixai droit dans les yeux frisant l’impolitesse et bafouant les règles de conduite que je m’imposais depuis plusieurs années. Mon ton se fit plus dur.


*Continuez comme ça et votre jolie gueule ne sera plus jamais dans le même état qu’elle ne l’est actuellement. Ce serait si dommage. Pour vous.*


*La jolie dame a des crocs à ce que je vois.* rigola-t-il pas du tout impressionné.


*Elle a aussi des poings dont elle sait se servir.*


Ma remarque sembla l’amuser énormément et il me dévisagea avec un intérêt renouvelé. Son regard parcourut ma silhouette et s’attarda un peu trop à mon goût au niveau de mon décolleté, je rougis violemment, ce qui l’amusa encore plus. Il tendit une main quelque peu hésitante vers ma joue et je reculais vivement sans faire cas de son expression déçue.


*Laissez-la immédiatement.*


La voix claqua sèchement, et je grinçais des dents en la reconnaissant. Mes pupilles se rétractèrent et mon regard se fit plus dur, je me retournai vivement et lançai.


*Dégage Keith, j’ai passé l’âge d’avoir une baby-sitter accrochée à mes talons vingt quatre heures sur vingt quatre.*


Je me savais injuste, il était venu pour me protéger, rien que pour ça, à moins qu’il ne soit jaloux, mais je n’en pouvais plus de l’avoir collé à mes basques et mon humeur massacrante n’améliorait pas nos relations déjà houleuses depuis quelques temps. Blond, une carrure plutôt impressionnante, des yeux d’un bleu perçant, un teint agréablement hâlé, des traits réguliers, il était assez séduisant. Mais il n’arrêtait pas de me chercher, de tester mes limites, et, ma patience déjà peu développée se tarissait de plus en plus. Une idée lumineuse envahit soudain mon esprit, Keith me gonflait, j’allais enfin pouvoir lui rendre la monnaie de sa pièce. Je me tournait soudain vers le bel inconnu une moue aguicheuse aux lèvres.


*Votre proposition tient toujours ?* minaudais-je. 

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Dernière édition par Rociana le Dim 6 Juin - 15:03 (2010); édité 3 fois
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Rociana
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:07 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Un sourire victorieux se peignit sur ses traits, teinté d’une surprise évidente. Il ne comprenait visiblement pas la raison de mon revirement brutal et je ne pris pas la peine de le lui expliquer, il aurait été vexé, de toute façon je m’en fichais, je voulais juste m’afficher avec le propriétaire d’un belle porche, je l’avais vu arriver avec, qui plus est le plus bel homme que j’avais jamais rencontré. Si j’avais su dans quoi je m’embarquais…Qu’aurais-je fait ? Il me sourit avec amusement.


*Bien évidemment.*


*Ça va pas la tête ? Tu ne connais même pas son nom ! Viens, retourne au bal avec moi !* hurla Keith complètement hystérique.


Une soudaine envie de frapper mon protecteur me submergea, il se prenait pour mon père ou quoi ? J’avais dix-sept ans, j’étais suffisamment grande pour me débrouiller toute seule bon sang ! Et si, comme le supposait mon garde du corps, le monsieur s’avérait avoir de mauvaises intentions à mon égard, il allait être surpris car j’étais tout sauf inoffensive. En effet, je savais me servir de mes poings et de mes dents si cela était nécessaire.


Je rectifiais alors mon oubli avec un regard accusateur en direction de Keith.


*Ma baby-sitter a raison, comment vous appelez-vous ?*


*Sephir Brokley.* répondit-il, laconique.


*Tu vois Keith, ça ne sert à rien de t’inquiéter.*


Le visage du dit Keith vira à l’écarlate.


*Tu es complètement timbrée, tu ne sais même pas si c’est son vrai nom !*


Agacée par la scène de jalousie qu’il était en train de me faire, je saisis le bras de Sephir et me dirigeais vers sa voiture, au dernier moment, il me fit bifurquer de sorte que je me trouvai face à face avec la portière d’une décapotable dont je n’aurai jamais les moyens de me payer plus qu’une portière. Il ouvrit la porte et s’effaça devant moi comme un parfait gentleman pour me permettre de m’asseoir. Lorsque je me fus installée, il referma la porte et alla se mettre au volant de la sublime voiture.


*Raccompagnez-moi chez moi.*


*Avec plaisir.* rétorqua-t-il avec un sourire charmeur.


Dès qu’il mit le contact, je compris à quel point il allait rouler vite, je défis alors l’épingle qui retenait mes cheveux, une vague de soie dorée vint recouvrir mes traits, ses phalanges blanchirent sur le volant. Nous jaillîmes du parking comme un bolide rouge, la route semblait s’envoler sous les pneus de la porche, je me raidis sur mon siège, la vitesse à laquelle il aborda le premier virage faillit m’arracher un hurlement de frayeur pure, seule ma fierté me retint. Ma chevelure dorée flottait derrière moi comme la bannière signifiant l’appartenance à un clan, pour Sephir, cela signifiait-il que je lui appartenait ? Tout le monde dans la ville m’avait vu m’afficher dans la voiture du plus bel homme de la ville, ma côte de popularité allait monter en flèche. Un sourire béat étira mes lèvres. 

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Rociana
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:10 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Nous approchions dangereusement de l’endroit où il fallait tourner à droite, j’ouvris la bouche pour le lui signaler, mais, devançant mes mots, il s’engagea sur la route qui menait chez moi sans ralentir. La peur me serra le ventre et la stupidité dont j’avais fait preuve en acceptant de monter dans la voiture d’un parfait inconnu parvint enfin à ma conscience. Il tourna à nouveau à droite au moment où j’allais le lui signaler, ce ne pouvait pas être une coïncidence. Dans mon esprit affolé des milliers de suppositions aussi stupides les unes que les autres se mêlaient jusqu’à former un mélange confus dans lequel je ne parvenais pas à mettre de l’ordre. Peut-être lisait-il mes pensées ? Un demi-sourire plissa la commissure de ses lèvres sensuelles, je me tassais alors dans mon siège. Où peut-être m’espionnait-il, mais pourquoi ? Son sourire s’élargit sans pour autant qu’il ne m’adresse la parole.


Les pneus de la voiture crissèrent soudain et après un magnifique dérapage nous nous retrouvâmes de l’autre côté de la route, dans l’autre sens, garés devant ma maison. Je pâlis brusquement, cet homme savait vraiment où j’habitais, une sueur froide se mit à couler dans mon dos. Il se pencha soudain vers moi, ses lèvres étaient trop proches des miennes, mais hypnotisée par ses yeux dont le noir ténébreux semblait aspirer toute la lumière, je ne bronchais pas. Il me souffla doucement au visage, son haleine fraîche et sucrée m’enveloppa et engourdit mes sens déjà mis à mal par sa conduite audacieuse. Sa voix résonna comme une musique à mes oreilles, douce, mélodieuse et onctueuse comme un filet de miel coulant le long d’un pot.


*Dors bien, Kesla.*


Ses derniers mots rompirent le charme, je tâtonnais à la recherche de la poignée de la portière, l‘ouvris, me redressais pour partir, avant de m’apercevoir que j’étais plaquée sur le siège, je lui jetai un regard mauvais, une moue moqueuse que j’eus envie de lui faire ravaler étira ses traits.


*Ta ceinture…* parvint-il à articuler sans éclater de rire.


Furieuse j’appuyais avec violence sur le bouton et la ceinture alla claquer sèchement derrière mon siège.


*Ma ceinture ne t’avait rien fait.* rigola-t-il.


Hors de moi, je me tortillais jusqu’à ce que je parvienne à m’extirper de cette voiture dont le propriétaire me paniquait malgré moi. Une fois dehors, je m’appuyais contre sa portière le temps que mes jambes qui flageolaient dangereusement retrouvent un semblant d’énergie pour me tenir debout. Je claquais sa portière avec violence, il baissa la vitre et se pencha de façon à me dévisager.


*A demain, Kesla Johnson.*


Un froid glacial s’insinua en moi, je le foudroyais du regard, il se contenta de m’adresser un signe joyeux de la main. Il remonta sa vitre, remit le contact à sa voiture et démarra en trombe, quelques secondes plus tard, il avait disparut dans la nuit. Je titubais jusqu’à la porte de ma maison, glissais tant bien que mal la clef dans la serrure, ouvrit la porte, pénétrait dans la maison, verrouillait la porte derrière moi et me traînait péniblement jusqu’au premier étage où se trouvait ma chambre m’appuyant sans remords contre les murs comme une ivrogne.


Je me laissai tomber sur mon lit avec soulagement, un coup d’œil à ma montre m’apprit qu’il s’était écoulé un quart d’heure entre le moment où Sephir avait disparut au volant de sa voiture et celui où je m’étais vautrée sur mon lit. Mes tremblements ne cessèrent qu’au bout d’une heure interminable durant laquelle mon affolement ne fit que croître. Il connaissait mon nom et l’endroit où j’habitais. Peut-être devrais-je le signaler à mon père. Non, il s’inquiéterait trop et il demanderait à Keith de me protéger. Je décidai donc de garder le silence, de n’en parler à personne, pas même à Lyra, ma meilleure amie.


Il m’avait menti, je savais qu’il ne s’appelait pas Sephir Brokley. Mais pourquoi, qu’est ce qu’il m’avait pris d’accepter sa proposition, j’étais inconsciente. Je retirais mes chaussures et me glissais toute habillée sous les draps, je fermai les yeux dans le vain espoir de trouver le sommeil pour arrêter de ressasser mes mornes pensées obsédantes et ennuyeuses, mais les yeux noirs du jeune homme me revenaient sans cesse en mémoire. Une seule question parvint à me distraire, je ne parvins pas à la chasser en dépit de tous mes efforts : Qui était vraiment Sephir Brokley ? 

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Rociana
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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:23 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Chapitre 1 : Dans les ennuis jusqu’au cou 
 

Un coup sec frappé contre la porte de ma chambre me réveilla en sursaut, j’ouvris péniblement les yeux et me laissais tomber à bas du lit. Je m’empressais de retirer ma robe rouge froissée et de la jeter dans un coin de la pièce, je saisis la première robe de chambre qui me tomba sous la main et l’enfilais. Les coups se firent plus insistants et un soupir agacé me parvint aux oreilles. Je déverrouillais la porte que j’entrebâillais.


*Kesla, sors de la tout de suite ! Je te rappelle que tu dois aller au Lycée aujourd’hui, nous ne sommes pas le week-end.*


Le ton cassant de mon père m’arracha un soupir contrit, vivement que maman revienne. Quelques minutes plus tard je fis irruption dans la cuisine vêtue d’un jean, de bottes en cuir rouge vif qui plissait et d’une tunique blanche originale qui m’arrivait jusqu’à mi-cuisses, je l’avais resserrée à la taille grâce à une ceinture large en cuir marron foncé, j’avais attaché mes cheveux en une queue de cheval toute bête, ils étaient retenus par un ruban de soie rouge.


Mon père leva vers moi son regard bleu perçant, il était rasé de près, comme toujours, ses cheveux châtains foncés coupés ras et son costume d’avocat aussi impeccable qu’à l’accoutumée. Attablé devant une tartine de pain beurrée et une tasse de café, il m’avait préparé deux toasts grillés et un jus de fruit, je lui jetais un coup d’œil méfiant, cette soudaine sollicitude ne me disait rien qui vaille.


*Crache le morceau.* ai-je lancé en guise de bonjour.


*Tu ne peux accepter aucune attention sans méfiance ?*


*Pas de ta part en tout cas.* rétorquais-je en souriant.


*Kesla…je suis vraiment désolé…mais…je dois partir à New York pour une affaire et…* hésita-t-il.


*Combien de temps ?* l’ai-je interrompu.


*Un mois.* lâcha-t-il finalement.


Mon cœur se serra mais mes traits demeurèrent impassibles, comme si je n’étais pas touchée, comme si je n’en avais rien à faire. J’étais habituée, la tristesse n’aurait pas dû me submerger ainsi, pourtant, c’était chaque fois la même chose. Je refoulais les larmes qui me montaient aux yeux et demandait d’une voix tremblante.


*Maman rentre quand ?*


*Une semaine après moi.*


*J’aurais besoin d’une voiture.*


*Je sais…Suis moi.*


Il me jeta un regard plein de compassion et de douceur, la glace de ses iris s’adoucit. Il se dirigea vers le garage un sourire mystérieux aux lèvres. En arrivant dans la pièce immense qui nous servait de garage mon cœur se serra de nouveau à la vue de l’espace vide derrière la mercedes noire de mon père, la volvo blanche de ma mère manquait à l’appel. Au fond, se trouvait une BMW gris tirant sur l’argent. En quittant la pièce, mon père me jeta un objet que je rattrapais machinalement au vol. J’ouvris mon poing jusque là fermé et y découvris des clefs. Une larme roula sur ma joue pâle et je fixai mes longs doigts diaphanes avec hébétude.


Je remontais dans ma chambre afin de réunir mes affaires. Ma chambre était une grande pièce anis et framboise. A droite de la porte, en entrant, se trouvait mon lit un grand lit deux places avec des draps anis et un oreiller framboise. En face de l’entrée, une armoire immense en bois clair contenait ma garde-robe. Et à gauche mon bureau en bois clair sur lequel trônait un ordinateur portable ultra-sophistiqué, je démarrais ma musique préférée du moment, Hysteria de Muse. J’attrapais mon sac noir et blanc, choisis une veste en jean et me saisis de mon portable qui était posé sur ma table de chevet. Mes doigts hésitèrent sur les touches, mon poing se serra convulsivement et je fourrais mon portable tactile dans sa housse verte. Mon i-pod aux oreilles, je lançai un au-revoir rapide à mon père et m’empressais de quitter la maison afin de lui épargner la vue de mes larmes. 

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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:25 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Au volant de ma BM, j’arrivai au lycée avec dix bonnes minutes d’avance, du coin de l’œil, j'aperçus ce que je cherchais, enfin, la personne que je cherchais, les boucles châtains de Lyra attirèrent mon regard, je coupais le contact et me dirigeai vers elle. Le regard hostile et blessé qu’elle m’adressa me prit au dépourvu.


*Lyra, que se passe-t-il ?*


Accusation silencieuse au fond des yeux de mon amie, pleine d'incompréhension. Question muette : Pourquoi ? Enfin, les larmes et la fureur se déchaînèrent.


*Tu m’as laissée seule, tu ne m’a même pas prévenue que tu partais ! Je suis restée comme une andouille à t’attendre jusqu’à ce que Keith me dise que tu étais rentrée avec quelqu’un que tu ne connaissais même pas et me propose de me raccompagner. Alors, oui, j’étais inquiète pour toi, tu n’as pas appelé pour dire que tu étais bien arrivée !*


*Oh…Lyra…je suis vraiment désolée.* bafouillais-je.


*C’est un peu tard.* lâcha-t-elle, amère.


Du coin de l’œil, je vis arriver Caroline, la Reine du lycée de l’année, accompagnée de sa cour, se diriger droit vers moi. Elle repoussa une de ses mèches de jais et darda un regard vert dans le mien. Un bref instant déroutée, elle ouvrit la bouche, la referma. La surprise dilatait ses pupilles à l’extrême, je me rendis compte que j’avais oublié de mettre mes lentilles. Zut !


*J’adore tes lentilles…* articula-t-elle sans détourner le regard de mes yeux.


*C’est pas des lentilles…c’est la vraie couleur de mes yeux.* hésitais-je *Mais je suppose que tu n’es pas venue pour me parler de ça.*


Je détournai le regard, elle sembla reprendre ses esprits. L’intérêt au fond de ses iris ne me disait rien qui vaille, la curiosité dévorante de la peste m’irritait davantage qu’elle ne me flattait. C’était toujours la même chose, les mêmes questions, la même lueur de jalousie admirative derrière la fausse compassion. Je jetai un bref coup d’œil à la montre au bracelet de cuir que je portais au poignet gauche, plus que cinq minutes avant les cours. Je saisis mon sac, saluais la Reine d’un hochement de tête sec, attrapais Lyra par le bras et me dirigeai vers le cours de philo.


Caroline me bloqua la route avec un sourire mielleux.


*Viens manger avec moi à midi.*


Elle prit soin de jeter un regard méprisant à mon amie pour qu’elle ne se croit pas invitée. Un dernier sourire à mon égard et elle déserta les lieux. Les larmes contenues dans les yeux de Lyra me serrèrent le ventre.


*Ignore-les Ly’, ne gaspille pas ta vie à penser à elles, ni ta salive à les insulter, elles n’en valent pas la peine.*


Mes mots me parurent creux dès que je les eus prononcés, ce n’était pas moi qui avait été méprisée. Deux jades humides me fixaient en silence, trahissant des dizaines d’émotions contradictoires. D’une douce pression sur le poignet, je la forçai à me suivre.


*J’aurais tant aimé être à ta place.*


La voix, à peine plus qu’un murmure me fit l’effet d’une gifle, je n’avais rien demandé, ni à le rencontrer, ni à devenir populaire, ni à me fâcher avec Keith. Je n’avais rien demandé, rien voulu, mais personne ne voulait le croire, tout simplement parce que ça les arrangeait. Mes poings se contractèrent. J’étais seule, incomprise de tous. Pas de moi. Semblaient me souffler les yeux de Sephir chaque fois que je fermai les miens.


Les poils de mes bras se hérissèrent comme à chaque fois que je pensai à lui. Son parfum enivrant, ses iris sans fond, tout cela m’entraînait dans un autre univers ou lui seul existait. Ses longues mains fines, pâles, se posaient sur les miennes, il me saisissait le poignet et m’entraînait loin de tout, dans un autre monde, seuls pareils à Adam et Ève. Il se penchait alors vers moi, si près que je perdais dans ses yeux, ses lèvres se rapprochaient inexorablement des miennes… 

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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:29 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

*Mademoiselle Johnson, pourriez-vous me faire l’incommensurable honneur de prêter un tant soit peu attention à mon cours ?*


Je rougis avec violence et baissai un regard honteux vers ma feuille vierge et le stylo encore bouché que je tenais dans la main. Mal à l’aise, je plissais les yeux et tentais vainement de me rappeler la question que la prof m’avait posée. Lyra gardait les yeux obstinément braqués sur le tableau noir, c’était tout juste si elle ne me tournait pas le dos. Ce fut comme un couteau qui se planta dans mon ventre, elle était injuste. Ce n’était pas ma faute, si elle s’était disputée avec son cavalier, ce serait elle qui serait dans cette situation plus qu’inconfortable.


*Euh…pourriez-vous répéter votre question, je vous prie ?*


Le cours se déroula sans autre incident. Un goût amer de trahison me restait dans la bouche. La sonnerie retentit, je ramassais mes affaires en vitesse, mais une voix glaciale me retint.


*Venez me voir Mademoiselle Johnson, je souhaiterait vous parler.*


N’osant rien rétorquer, je m’approchais en silence avec une mine de chien battu, ma prof, Miss Brensheff, me dévisagea par dessus ses lunettes en métal rouge qui lui tombaient sur le nez. Ses petits yeux bruns me mettaient mal à l’aise, ses cheveux châtain foncé attachés en un chignon avaient tendance à rebiquer. Après m’avoir passée au scanner, elle me congédia d’un vague mouvement de la main. Sans plus m’accorder une once d’attention, elle se mit à ranger ses affaires.


*Je croyais que vous vouliez me parler.* demandais-je d’une voix hésitante.


*J’ai vu tout ce que j’avais à voir.*


*Et qu’avez-vous vu ?* sifflais-je.


Elle m’ignora royalement, estimant certainement qu’elle n’avait pas assez d’heures à vivre pour en gaspiller ne serait ce qu’un dixième d’une seule pour moi, cancre qui ne prenait même pas la peine d’écouter un de ses cours.


Lorsque je sortis de la salle, Lyra était partie, elle m’avait laissée seule, elle, ma meilleure amie depuis six ans déjà ! La colère que je muselais depuis plusieurs jours éclata, je parcourus le lycée entier à la recherche de celle qui était la cause d’une partie de mes tourments. Soudain, je la vis, adossée à un casier, deux mètres plus loin, elle demandait à Clara une Invisible comme nous si elle voulait manger avec elle. J’inspirai profondément et m’approchai à grande foulées d’elles. Je dévisageais la petite blonde avec un air mauvais qui la fit détaler. Lyra croisa les bras, agacée.


*C’est quoi ton problème ?* hurlais-je.


*Toi.*


*C’est pas une réponse !*


*Tout est de ta faute. Tu as de nouvelles amies, maintenant. Profites-en bien.*


*Tu es mesquine, égoïste et stupide, je n’ai rien demandé. Si ça te rend si jalouse, tu n’as qu’à aller le voir et lui demander de sortir avec toi, comme ça, ce sera toi la Reine du lycée. Tes amis ne rêveront qu’à te prendre ton trône. Vas-y ne te gêne pas, deviens une tête vide comme ça je pourrai te mépriser.*


Sur ce je tournais les talons et courrai jusqu’à mon cours de maths, laissant derrière moi une Lyra en larmes. Mon prof accueillit mon retard avec un regard mauvais, mais comble de la chance, il ne fit aucune remarque. Il me toisa tout de même un long moment avec l’air de dire : si vous souhaitez compromettre vos études et votre avenir, c’est votre problème. Confuse et écarlate, je saisis une feuille et un stylo et réussi à me concentrer pendant le cours. La sonnerie résonna enfin, je déposai mon sac dans mon casier et me dirigeai vers le self. 

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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 12:31 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Caroline me fit signe, je m’approchai avec mon plateau et fit un signe de dénégation et m’excusais de la tête. Elle me toisa un long moment, puis m’ignora royalement. Je venais de me faire une ennemie puissante. Un soupir contrit m’échappa et je m’installai à une table quatre places en silence. Lyra s’approcha pour je ne sais qu’elle raison, je lui jetai un regard méprisant.


*Tu avais raison, on est plus dans le même monde.*


Si j'avais su à quel points mes dures paroles prononcées sur un coup de tête s'avéreraient véridiques.


Elle blêmit, alla s’asseoir aux côtés de Clara et fondit en larmes. Je songeai avec détachement que je devenais douée pour faire pleurer les gens, en particulier mes amis. Keith s’approcha une moue accusatrice aux lèvres, et malgré mon non catégorique, s’assit face à moi. Il se pencha par-dessus la table et je repensais à Sephir. Serait-il là ce soir ?


*Kes’ t’es pas cool avec Ly’, ça fait deux fois que tu la fait pleurer aujourd’hui. Je sais qu’elle a pas été très sympa avec toi, mais essaie de faire un effort.*


*Non.*


Un mot unique. Une certitude absolue. Inébranlable. Un choix. Un point de non-retour.


Je me levai en silence et jetai le contenu de mon plateau encore plein à la poubelle. Je me dirigeai ensuite à grands pas vers le parking, Keith me coupa la route. Je pivotais alors vers la salle d’économie où j’aurais mon prochain cours, il se plaça devant moi, de nouveau, il me regarda fixement. Vaincue, je lui désignais le parking encore désert à cette heure-ci, il me sourit, complice, je l’ignorai.


Nous nous adossâmes à une vieille Coccinelle dont la peinture rouge fanée s’écaillait par endroits. Déstabilisé par mon manque de coopération, Keith se passa la main dans les cheveux pour se redonner contenance, il ne réussit qu’à ébouriffer davantage ses mèches rebelles. J’eus brièvement l’impression d’être face à un hibou tout juste tiré du sommeil par un clairon de trompette, un léger sourire étira mes lèvres, il s’effaça aussitôt cédant la place à un air sérieux vaguement irrité.


*Ecoute Kes’, Ly’ et mon on te trouve bizarre depuis…hier soir, enfin, depuis que…tu l’as rencontré. Je voulais juste savoir si…il avait fait quelque chose qu’il ne fallait pas.*


Ce fut à mon tour de me passer la main dans les cheveux, l’air hagard et ahuri, je le fixai en silence. Égarée par la question déplacée qu’il venait de me poser, j’effleurais brièvement le ruban de soie rouge qui me retenait les cheveux, avant de hocher la tête en signe de dénégation. Pourquoi Sephir aurait-il fait ça ? Certainement convaincu par mon silence que je lui mentais, il me saisit doucement la main.


*Tu sais Kes’, tu peux tout me dire.*


Il me jeta un coup d’œil encourageant espérant sans doute que je me livrerai à lui. Je sortis brutalement de ma torpeur angoissante, pour me mettre à hurler.


*Il ne m’a rien fait espèce d’abruti, je me fatigue à te le répéter, mais comme ça ne te convient pas, tu préfères croire que je te mens. Je te l’ai déjà dit, Keith, je ne t’aime pas.* martelais-je aussi glaciale que la banquise, aussi tranchante que de l’acier et aussi dure que le diamant.


En le voyant blêmir, puis tenter un nouvel angle d’approche, je repensais à un philosophe qui disait : deux choses sont infinies, l’univers et la bêtise humaine, quoique pour l’univers, je n’en pas encore acquis la certitude absolue. C’était exactement cela, la bêtise de Keith me donnait un bel aperçut du mot infini. A cette pensée, un sourire sans joie étira mes lèvres, je poussais un long et profond soupir navré. Il fallait une patience à la mesure de la bêtise de Keith pour lui faire comprendre que je ne partageais pas ses sentiments à mon égard, patience, que malheureusement, je ne possédais pas.


Ce fut la sonnerie du début des cours qui sauva la vie à mon protecteur acharné, un peu trop même. En effet, mes phalanges étaient exsangues tellement mes poings étaient serrés, je me relaxais tant bien que mal, dépliais mes doigts engourdis et gémit de douleur quand le sang y afflua de nouveau. Pour couronner le tout, un furieux mal de tête commençait à poindre, je me massais les tempes avec affectation.


Je me mis à tituber, la terre se mit à tournoyer si vite qu’elle en fut réduite à un kaléidoscope de couleurs qui me donnèrent la nausée. Je heurtais quelque chose avec violence et l’obscurité m’engloutit.
  

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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 13:41 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Je repris brutalement conscience, quelque chose était enroulé autour de moi, la peur m’envahit et je me débattis avec violence, des sons parvenaient à la lisière de mon esprit sans parvenir à percer la léthargie qui l’entourait. Mon esprit fonctionna soudain assez pour que je comprenne que des bras musclés m’enserraient fermement. Des éclats de voix coléreuses parvinrent à déchirer le voile et je réalisai dans mon esprit encore quelque peu embrumé qu’on se disputait à mon sujet. J’ouvris un œil, pour le refermer aussi sec, l’univers ne semblait pas vouloir se figer un instant afin que je parvienne à évaluer la situation. Un nouveau vertige m’entraîna de nouveau dans les ténèbres sans que je puisse y faire quoi que ce soit.


*Quand va-t-elle se réveiller ?* demanda une voix douce.


Maman ? Non ce n’est pas possible, tu es à Washington pour ton travail.


*Pas avant une heure ou deux au minimum vu la quantité de sédatifs qu’ils lui ont refilé.*


Keith ? Tu devrais être fâché contre moi, pas te préoccuper pour moi.


*Oh, mon Dieu, faites qu’elle se réveille vite.*


Papa ? Retourne à ton travail avant qu’ils ne te virent, tu as un procès à gagner.


*Tout est de ma faute, si seulement nous ne nous étions pas disputées, elle ne serait pas ici.*


Lyra ? Je suis vraiment navrée, je te pardonne, ma sœur de cœur.


Que faisaient-ils tous ici ? Ils auraient dû être en train de travailler par de se lamenter sur mon sort alors que je me portais à merveille, ou presque. J’étais heureuse qu’ils soient enfin réunis, pourtant, quelqu’un manquait à l’appel, je n’entendis pas mon beau chauffeur. Une panique irrationnelle me submergea, je tentais bien de la maîtriser, mais toutes mes tentatives demeurèrent vaines, aussi, j’essayai de me rendormir, tentative vouée à l’échec avant même que je ne l’envisage, j’abandonnai donc. Un mot voulut franchir la barrière de mes lèvres, seul un son étranglé en jaillit.


*…Phi…*


Des pas précipités dans ma direction me firent ouvrir les yeux, un faible sourire maladif vint éclairer mes traits hagards. La première chose que je vis fut deux yeux bleu azur perçants qui me dévisageaient avec une inquiétude et une sollicitude non feintes. Les traits familiers me rassurèrent quelque peu, le visage de Keith m’apparut dans toute sa splendeur et mon ventre se serra. Avant que j’eus l’occasion de me perdre dans son regard divin, Lyra vint m’enserrer le cou avec vigueur, et se mit à sangloter pour la troisième fois de la journée, par ma faute qui plus est.


Je parvins à me dégager de mon envahissante amie à laquelle j’adressai un sourire qui se voulait rassurant et pus enfin dévisager ma mère toujours aussi belle que dans mes souvenirs. Ses longs cheveux blonds très clairs, presque blancs, tombaient autour de son visage ravissant au teint d’albâtre dont j’avais hérité, et rehaussaient l’émeraude profond de ses iris qui m’avaient tant manqué, son corps aux courbes voluptueuses était mis en valeur par un jean moulant et une chemise ivoire vaguement transparente. A la périphérie de mon regard, je vis Keith jeter un regard appréciateur à la silhouette gracieuse de ma mère, je le gratifiais d’un regard furieux, et il baissa les yeux, penaud, à moins que ce ne soit à cause d’une hilarité naissante pour je ne sais quelle raison fumeuse.


Mon père aussi était là, il me dévisagea longuement avec un air grave avant d’échanger un regard avec son épouse, qui se trouvait être ma mère, celle-ci hocha aussi discrètement que possible de la tête et mon cœur se serra d’anticipation, ils allaient repartir aussi sec. Ayant retiré son masque d’avocat au profit d’une expression navrée, mon géniteur s’approcha de moi avec la tête d’un médecin qui va annoncer à son patient qu’il a le sida.


*Je dois repartir.*


*Je sais…*


*Ta mère aussi…*


*Je sais…*


Nouveau regard désolé.


*Je t’aime.*


Je me contentais de garder le silence en le regardant fixement, il se détourna, gêné et blessé. Il quitta la pièce sans un mot, ma mère sur ses talons, elle ne m’adressa pas la parole, se contentant de me gratifier d’un regard plein de compassion, il me parut aussi vide et inexpressif que celui d’un cadavre. Je détournai la tête et fermai les yeux pour leur cacher les larmes qui commençaient à y poindre.


Découragés par mon silence buté, Lyra franchit le ma porte avec une mine coupable, Keith la suivit jusqu’au seuil, mais sembla se raviser et revint vers mon lit sur lequel il s’assit. Il se pencha vers moi et me dévisagea un long moment dans la silence le plus absolu.


*Kes’, dis-moi ce que ce salaud de Sephir t’a fait.*


Je lui jetai un regard dérouté, perdue, mon cerveau n’arrivait pas à associer Sephir avec danger ou agression. Quand la lumière se fit dans mon esprit, j’avais eu mille fois le temps de passer pour une idiote aux yeux de mon meilleur pote, mes sourcils se froncèrent d’eux même.


*Rien, mais comment connais-tu son nom ?*


*T’a-t-il mordue ?* me questionna-t-il en ignorant royalement ma question.


Les mâchoires m’en tombèrent, je le dévisageais la bouche grande ouverte comme si je le voyais pour la première fois. Ahurie, j’éclatais d’un rire nerveux et incontrôlé, son expression grave m’assura qu’il ne plaisantait pas.


*T’es grave atteint, mon pauvre.*


*Enfin, pardon, je voulais dire, t’es tu fait mordre par un gros chien ?*


*Hein ?…Eh…si…le chihuahua de ma voisine m’a arraché le bras, hier soir.* plaisantais-je.


Son expression me dissuada d’essayer de le taquiner plus avant et je ne tentais pas de cacher ma surprise et ma soudaine méfiance.


*Qui es-tu ?*


*Keith Smith, voyons.* me répondit-il avec un sourire charmeur.


*Qui es-tu vraiment ?* murmurais-je, effrayée.


*Je suis chargé de te protéger.* lâcha-t-il.


Il quitta la pièce sans rajouter quoi que ce soit et avant de me permettre de lui tirer les vers du nez. Sa tête pointa par l’entrebâillement de la porte de la chambre, il me lança un avertissement.


*Méfies-toi de lui, Kes’.* 

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MessagePosté le: Dim 6 Juin - 13:42 (2010)    Sujet du message: Illusions Mensongères Répondre en citant

Il me laissa de nouveau seule, définitivement cette fois, sur cette déclaration sibylline et quelque peu alarmante. Avant d’avoir eut le temps de cogiter ces informations, une infirmière me replongea dans les ténèbres en m’injectant une dose de somnifères.


Je m’éveillais brutalement et pris soin de détailler un peu plus l’endroit où je me trouvais. C’était une grande pièce, blanche et nue, un lit trônait en son centre, j’y étais allongée, hormis cela, seul un appareil qui reproduisait mes battements de cœur se trouvait avec moi dans cette sordide chambre d’hôpital. Je fis exprès de penser à Sephir et le bip qui signalait la vitesse de mes battements de cœur s’affola. Avec un soupir, j’arrachais les aiguilles plantées dans ma chair et je sautais par la fenêtre, qui, comble de la chance, était au rez-de-chaussée.


Je m’enfonçais dans la nuit avec un sourire victorieux, le lycée se trouvait à peine à un kilomètre de l’hôpital et je décidai de récupérer ma BM afin d’éviter de me taper seize kilomètres à pied. Je marchais d’un bon pas, mais le froid s’insinuait sous mes vêtements, je resserrais les pans de ma chemise de nuit rose pâle et levai les yeux au ciel, les infirmières n’avaient strictement aucun goût pour choisir les vêtements de leurs patients. J’étais belle, blonde et à la pointe de la mode, mais là, les gens qui me verraient passer penseraient que j’étais, soit une traînée, soit une évadée de l’asile psychiatrique. Génial, il ne manquait plus que ça.


Un bruit de pas se fit entendre dans mon dos, j’accélérais la foulée sans pour autant me mettre à courir, mon suiveur en fit de même. Complètement paniquée, je me mis à courir comme une dératée, mes pupilles dilatées par la peur panique qui m’enserrait. L’homme ou la femme se mit à courir, je sprintais à toute bringue vers ma BM, quelque chose me saisit par le bras avec violence, j’étouffais un cri pitoyable et donnait un coup de pied dans lequel je mis toute ma force, un bruit sourd et un grognement de douleur satisfaisant s’en suivirent. Je parvins je ne sais comment à me glisser dans ma voiture et à mettre le contact, je démarrais en trombe, remerciant silencieusement mon père d’avoir oublié de faire enlever ma voiture par un garagiste pour la ramener à la maison.


Je conduisais à 70 kilomètres heures au-dessus de la limitation de vitesse, étrangement, je ne bifurquais pas vers la maison, je pris plutôt l’embranchement qui menait vers la rase campagne comme pour éloigner le monstre de ma maison s’il lui prenait l’idée de suivre mon trajet à la trace. Les jointures blanches à force de serrer le volant, je me permis de relâcher très légèrement ma prise, et, dans une ligne droite, je jetai un coup d’œil à ma blessure, je le regrettai, un haut le cœur me prit et je faillis vomir. La morsure, parce que c’en était une, n’était pas belle à voir, ses bords déchiquetés laissaient pendre la peau, je pouvais même apercevoir l’os, de la bave et du sang coulaient à flot sur mon siège formant un flot allant de l’écarlate au pourpre en passant par le grenat.


Je fus prise d’un vertige et perdis le contrôle de mon véhicule qui se dirigea droit vers un arbre, un cri s’échappa de ma gorge torturée. La BM heurta l’arbre de plein fouet, une douleur si violente qu’aucun mot ne pouvait la décrire me scia en deux, je hurlais encore et encore.


Des bras musclés me tirèrent hors de la voiture, un faible gémissement affolé m’échappa, je sentis des doigts fébriles chercher mon pouls au creux de ma gorge meurtrie, d’ailleurs, quelle partie de mon corps n’exhalait pas une souffrance intolérable : aucune.


Un bruit d’une puissance inouïe déchira la nuit et le souffle brûlant d’une explosion me heurta de plein fouet. Une odeur épouvantable de gazole et de pneus en train flamber me prit à la gorge. Je sombrais dans les ténèbres pour la troisième fois de la journée, sachant que cette fois-ci, je ne me réveillerais pas. 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:49 (2018)    Sujet du message: Illusions Mensongères

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