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Phèdre/Elyan

 
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Rociana
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 21:38 (2010)    Sujet du message: Phèdre/Elyan Répondre en citant

~ Chapitre 1 ~
Une erreur peut-être fatale
    


Phèdre resserra la prise sur la garde de sa dague, le manque de confiance qu’elle accordait à son tuteur agaçait profondément celui-ci, elle n’en faisait pas cas car ce n’était guère important à ses yeux. Elle devinait malgré tout que Dehlir Mor’Averth ferait tout pour s’opposer à ce qu’elle passe l’épreuve, il prétendrait qu’elle n’était pas prête et la laisserait patienter jusqu’à la fin de la Grande Quête. Ses jointure blanchirent et ses doigts s’engourdirent, elle se força à se détendre, elle ne pouvait pas se permettre d’échouer si près du but. La colère couvait et son sang s’échauffait considérablement, son Tuteur était un incapable bien loin du pouvoir et incapable de créer des plans suffisamment machiavéliques et tordus pour y parvenir, elle ne ressentait que du mépris à son égard. Hermione s’était bien jouée d’elle, elle l’avait placée sous la tutelle de cet incapable comme on écarte un chiot dérangeant de son chemin. Dehlir n’était pas beau, mais ce qui insupportait le plus Phèdre c’était les yeux gris fades de celui-ci, il leur manquait l’éclat cruel et charismatique présent dans tous ceux des importants, cet éclat qui faisait que tous les serviteurs tremblaient de peur et n’osait jamais leur désobéir, cet éclat qui faisait que c’était eux qui commandaient Telmàriën. Les iris de son très cher tuteur en étaient exempts, ils étaient aussi tristes à contempler que du champagne sans bulles. Mais cet abruti était actuellement la seule personne qui risquait de briser ses plans, aussi rattrapa-t-elle son insolence par une profonde révérence soumise.

- Excusez-moi, j’ai du mal à maîtriser la flamme de nos aïeux.

Faire appel à leurs ancêtres communs avaient adouci le faible personnage qui se tenait devant elle, mais cela avait coûté à Elyan de prononcer ces mots, si bien qu’elle regretta un fugace instant de ne pas avoir choisi la solution inverse. Son avenir glorieux serait alors parti en fumée se déchirant au fur et à mesure que ses paroles auraient trouvé sens dans l’esprit étroit de ce vil individu.

Inconscient des pensées mesquines qui foisonnaient dans le cerveau de la jeune femme à la chevelure de feu, il hocha gravement de la tête.

- Je consens à vous pardonner votre incartade, mais veillez à ce que cela ne se reproduise plus.

La lueur sanglante qui souillait l’or de ses iris, détrompa le sourire reconnaissant qu’elle afficha, peut soucieux qu’il était des détails, il ne s’aperçut pas du défi muet que lui adressa la jeune femme. Elle quitta précipitamment la salle d’étude avant qu’elle ne cède à l’envie de faire ravaler son sourire suffisant à son Tuteur qui la démangeait.

Le bruit de ses pas qui résonnait dans les couloirs dallés se mêlait au doux bruissement de sa robe qui frôlait le sol. Les serviteurs effrayés s’écartaient sur son passage, elle continua sa route ignorant les cris apeurés devant son air renfrogné –un Sorin en colère n’augurait jamais rien de bon pour le personnel du château- et les lourdes tentures ostentatoires qu’elle trouvait décidément de très mauvais goût. Elle se figea soudain au milieu d’un couloir à quelques pas seulement de la porte de la Salle du Trône, provoquer Hermione –qui avait les faveurs de la Reine- devant toute la noblesse Telmàriënne n’était décidément pas une bonne idée, son amour-propre ne valait pas les années de travail qu’il lui avait fallu pour enfin arriver à avoir une infime possibilité de mettre son plan à exécution.

Haussant les épaules, elle dirigea vers sa chambre décidément trop minuscule. Lorsqu’elle poussa la porte de sa pièce, elle remarqua que tous les chandeliers étaient allumés conformément à ses ordres. Une fois à l’intérieur, elle poussa le lourd battant en bois et verrouilla la porte. Elle se laissa tomber sur son fauteuil avec lassitude et s’aperçut qu’elle n’avait pas desserré sa prise sur sa dague, elle se força à ouvrir les doigts et laissa échapper un faible gémissement de douleur lorsque le sang y afflua de nouveau. Un bref coup d’œil dans son miroir lui en apprit bien plus qu’elle ne voulait en savoir, ses traits étaient crispés à l’extrême et contrastaient fortement avec le sourire affable qu’elle affichait à l’ordinaire, la flamme rougeoyante dans ses yeux lui embrasait quasiment tout l’iris, elle avait l’air vraiment terrifiante. Bravo Phèdre, en dix minutes tu as fait sauter une couverture que tu as mis des années à peaufiner. Tu es une andouille, tu ne vaux pas mieux que Dehlir.     

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Dernière édition par Rociana le Sam 5 Juin - 16:16 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 21:38 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Rociana
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 21:38 (2010)    Sujet du message: Phèdre/Elyan Répondre en citant

Phèdre décida de procéder au rituel qu’elle effectuait lorsqu’elle voulait relâcher la pression accumulée au cours de la journée. Elle s’appuya confortablement contre le dossier du fauteuil en velours émeraude et se concentra sur la bougie dont le lourd parfum lui faisait tourner la tête et alourdissait ses paupières, elle avait pourtant signalé qu'elle ne voulait pas avoir de bougies parfumées dans sa chambre. Elle devrait en toucher deux mots, avec diplomatie cette fois, au serviteur qui s’occupait de sa chambre. Les yeux clos, elle lâcha la bonde à la colère qu’elle avait trop longtemps contenue. Les flammes ardentes de son héritage embrasèrent tout son être, chaque fibre de son corps se consuma sous l’effet des émotions trop intenses qu’elle bridait perpétuellement. Ses yeux devinrent écarlates et son souffle s’accéléra brusquement. Totalement immobile, elle céda à la flamme de ses aïeux avec une exaspérante facilité. C’est ta nature, cède lui, vis dans la brûlure de tes aïeux pour l’éternité, cède au chant des sirènes. Elle fit taire avec agacement la petite voix intérieure qui lui disait d’abandonner la lutte âpre qu’elle menait depuis toujours à son instinct.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, un long moment s’était écoulé, elle pouvait le voir au soleil couchant qui paraît le ciel de reflets indigos splendides. Son cœur s’apaisa à la vue de ce magnifique spectacle. Elle se redressa vivement, le dîner serait bientôt servi. Elle se dévêtit et jeta négligemment sa robe pourpre dans un coin de la pièce et en saisit une autre dans son armoire. Sa robe écarlate s’accordait à merveille avec sa flamboyante chevelure, le châle doré qu’elle avait ceint à sa taille comme une large ceinture rappelait subtilement la couleur de ses yeux, elle dompta ses boucle rebelles et les attacha en chignon, laissant toutefois quelques mèches venir frôler son cou, un pendentif en rubis taillé en forme de larme qu’elle gardait pour les grandes occasions reposait au creux de sa gorge pâle. Funeste présage dont elle n’avait évidemment pas conscience.

Si tu avais su les événements inéluctables qui allaient se produire, n’aurais-tu pas regardé avec un peu plus de considération les serviteurs qui s’activaient à tout heure de la journée afin de satisfaire tes moindres désirs, n’aurais-tu pas savouré le doux chuchotis de la soie contre ta peau ? Très certainement tu aurais gardé en main la dague à lame d’argent et aurais poignardé tes adversaires sans aucune hésitation, malheureusement, tu avais retiré ta dague en entrant dans ta chambre. Peut-être était-ce mieux ainsi, tu n’es pas morte ce soir là, cet oubli t’a sauvé la vie, bien que tu ne le sache pas.

Phèdre sentit la tension qui régnait en entrant dans la Salle du Trône, Hermione avait l’air de qui a réussi à se débarrasser de quelqu’un de gênant. Un frisson prémonitoire courut le long de son échine, elle se composa un visage impassible auquel elle ajouta un soupçon d’amusement, si elle tremblait intérieurement, il était impossible de le savoir pour un quelconque spectateur. Elle se plongea avec délices dans les sphères dangereuses de la politique et des complots, il y avait un beau panier de crabes dans la salle, les alliances éphémères étaient de plus en plus intangibles au fur et à mesure que se rapprochait la chute de l’étoile. Phèdre laissa traîner ses oreilles et se mêla furtivement aux conversations qui pouvaient lui apporter des informations intéressantes. La solidarité ne faisait pas partie des complots de la cour, les faibles étaient écartés du pouvoir avec un dédain méprisant, c’est pourquoi si quelqu’un possédait une information, il la gardait jalousement pour lui et ne dévoilait que le strict nécessaire à ses alliés car ceux-ci pouvaient très bien se retourner contre lui.

Ne fais pas d’erreur, car dans ce monde impitoyable, tu n’as pas de seconde chance. Chacune de tes paroles peut-être interprétée d’un millier de façons différentes, prends garde. Courbe l’échine comme tu sais si bien le faire et ignore les sarcasmes que te lance Hermione, elle est plus puissante que toi, tu le sais, mais tu n’as pas pu t’empêcher d’aller lui chercher des noises, sotte que tu es, cette fin était-elle inévitable ?  

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Rociana
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 21:39 (2010)    Sujet du message: Phèdre/Elyan Répondre en citant

La jeune femme regrettait le contact glacial de la dague contre sa peau, la froideur de l’acier traversant le cuir du fourreau. Hermione s’approchait à grands pas d’elle et la toisait d’un air goguenard.

La gamine ne décide pas à grandir enfin un peu, tu es trop stupide, tu n’as strictement aucune chance d’accéder au pouvoir, mais tu n’es même pas capable de t’en rendre compte. Tu sais parfaitement qu’elle te provoque, qu’elle ne fait que bluffer, comme toi. Mais tu ne peux pas t’empêcher d’être profondément offensée. Tu aurais pu ravaler ta fierté, mais non, tu décides de saboter toutes tes chances en t’offusquant de la plus puérile manière qui soit. Elle a raison tu n’es pas assez mature pour accéder à ce que tu désires.

Phèdre serra les poings avec violence, la flamme de ses yeux devint dévorante.

- Tes propos sont erronés sinon pourquoi te pavanerais-tu comme un paon alors que tu pourrais imaginer des plans pour t’emparer du Trône par la force ? Je vais te le dire moi, tes paroles fallacieuses sont si creuses et dépourvues de sens que ton entourage s’efforce de ne pas éclater de rire dès que tu ouvres la bouche.

Tes paroles t’ont soulagée, mais elles t’ont également condamnée à partir loin d’ici, tu t’es damnée à moins que tu abandonne ta soif de pouvoir et que tu ne reviennes jamais ici. Car, tu sais qu’Hermione ne te laissera pas en paix, n’est-ce pas ?

Phèdre sentit qu’elle était allée trop loin, la lueur haineuse dans les yeux d’Hermione confirmait son impression, elle tourna les talons et quitta la salle le plus rapidement et le plus dignement qu’elle put. Un goût amer dans la bouche, elle fit ses valises. Elle emporta de l’argent -une bourse bien pleine peut toujours servir, sa dague à lame d’argent, ses deux poignards dont la forme longue et plate était idéale pour dissimuler dans des bottes et une rapière qu’elle mit à sa hanche. Elle dissimula ses vêtements de rôdeur sous une ample cape noire dont elle rabattit le capuchon sur ses traits.

Elle était très satisfaite d’avoir acheté ces vêtements, finalement être un peu paranoïaque pouvait servir et Phèdre maîtrisait sa peur tout comme sa colère, avec brio. Le dicton que son maître d'armes lui avait offert était : tant qu’on maîtrise la peur, elle est un chien de garde vigilant qui vous prévient du danger et elle vous amène à anticiper certains événements, mais si on lui cède trop de terrain, la peur devenait un loup féroce qui vous mord les talons et vous oblige à fuir.

Il faut que tu apprennes à céder à ta peur, sinon tu deviens inconsciente du danger et tu cours droit à ta perte car tu te fourres dans des situations dont tu n’as pas la force de te sortir. Laisse le chien devenir loup, dompte ensuite le loup, fonds toi en lui, deviens lui, cède à ta nature profonde. Laisse les chiens se disputer la place de chef, enfuis-toi, ne laisse personne te dicter ce que tu dois faire, dis aux chiens que tu es plus forte qu’eux, que tu es lasse de leurs querelles incessantes. Laisse les grands espaces envahir ton être. Ton seul maître est le loup solitaire qui sommeille en toi. Ton seul chemin est celui de la liberté. Tu es un loup.


Dans le silence de sa chambre Phèdre tressaillit, ses doigts se contractèrent et saisirent le pommeau de sa dague. Elle fit un tour sur elle-même la lame nue scintillait doucement d’un pâle éclat sordide. Soudain mal à l’aise, elle rengaina son arme.

- Qui est là ?


Sa voix tremblait tellement que ses paroles étaient à peine audibles. Stupide, tu as peur du silence maintenant. Mais les poils de ses bras hérissés laissaient à croire que c’était plus qu’une simple hallucination, d’ailleurs les mots martelaient son esprit et la marquaient au fer rouge. Concrets et réels ils lui paraissaient. Même l’intonation délicieuse aux accents cristallins enchanteurs se rappelait à sa mémoire.

Évidemment, seul le silence lui répondit.

Elle laissa échapper un petit rire nerveux, en plus elle devenait folle, décidément, Hermione lui faisait beaucoup d’effet. Pourtant, la Voix ne pouvait pas être son ennemie, cette Voix si douce et si agréable venait de dire tout ce qui importait secrètement e plus à Phèdre. Glacée jusqu’aux tréfonds de l’âme, elle prit ses affaires et marcha à grandes foulées vers l’écurie, se retenant de toutes ses forces afin de pas céder à la tentation de courir. Laissant derrière elle, une vie, une personne, un masque. Phèdre était morte.

Suis moi Elyan Leïl’Ashver, pars à la rencontre de ton destin.

Phèdre morte, il lui fallait une nouvelle identité. Elyan…la jeune femme goûta la saveur de son nouveau nom sur sa langue. Ce nom résonnait comme une musique qui s'accordait parfaitement avec sa personnalité, sa situation n'en était que plus terrifiante : qui était cette Voix qui lui parlait en esprit et qui semblait tout connaître d'elle, de ses ambitions les plus secrètes à ses pensées les plus sombres ?

Elle laissait les ténèbres derrière, devant, la lueur blafarde d’une aube naissante. Le cœur gonflé d’un espoir illusoire, elle s’avança vers sa nouvelle vie. 

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